Retour au sommaire...   LE FIGARO ECONOMIE – LUNDI 11 DÉCEMBRE 2000

ARGENT PATRIMOINE

CREDITS IMMOBILIERS L'assurance coûte cher après 65 ou 70 ans

Jusqu' à quel âge emprunter ?

Catherine Dufrêne

Souscrire un crédit auprès d'une banque n'est pas toujours chose aisée lorsque vous avez plus de 65 ans et quelques ennuis de santé derrière vous ! Dans la pratique, toutes les banques imposent en effet des limites d'âge aux clients emprunteurs, en particulier pour les crédits immobiliers. Le problème ne réside pas dans votre capacité de remboursement, mais dans l'assurance décès-invalidité du prêt. Cette assurance - qui doit rembourser à votre place si vous disparaissez - est exigée par la banque de tout emprunteur immobilier. Mais hélas, passé un certain âge, elle est parfois difficile à obtenir et coûte fort cher.

Jusqu'en général 65 ou 70 ans, vous êtes à égalité avec les emprunteurs plus jeunes, car vous pouvez encore être assuré par le contrat collectif que la banque a négocié avec une compagnie d'assurance pour couvrir l'ensemble de ses clients au même tarif (sauf surprime fiée par exemple à votre état de santé). En revanche, au-delà de cette limite d'âge, vous ne pouvez plus profiter du contrat de groupe. Les banques vous proposent donc de plus en plus des contrats individuels, dont les primes, déjà plus élevées, seront majorées selon l’évolution de votre dossier médical.

A la BNP, vous serez par exemple couvert au même taux que les autres clients (0,54 % du capital restant dû sur le prêt) jusqu'au 31 décembre de l'année de vos 70 ans. Cette base peut toutefois être majorée en fonction de votre état de santé. Vous pouvez prendre une assurance optionnelle qui vous couvre jusqu'à 75 ans, à condition de l'avoir demandée dès votre adhésion. Si celle-ci se fait avant 65 ans, le taux de cette garantie sera de 1,08 % du capital restant dû. Après 65 ans, il passera à 1,80 % pour un montant maximum couvert de 1,750 millions de francs.

Même chose au Crédit lyonnais. L'assurance groupe ne vous couvrira que jusqu'à 70 ans, mais vous pourrez alors souscrire une assurance individuelle auprès d'AIG, la compagnie d'assurance partenaire du Crédit lyonnais. L'âge limite de souscription y est de 80 ans, et celui de couverture de... 90 ans. Autre banque où le contrat d'assurance est assez long : UCB, spécialisée dans le crédit immobilier. L'assurance décès spécifique aux seniors peut aller jusqu'à 85 ans, pour une souscription effectuée au maximum la veille de votre 80e anniversaire...

La majorité des banques imposent toutefois des contrats plus courts. Le Crédit du Nord et la Bred Banque populaire ne vous assurent par exemple que jusqu'à 70 ans et la Société générale que jusqu'à 75 ans, sans extension possible. Aucun crédit ne vous sera accordé passé cet âge, à moins de contracter une assurance relais auprès d'un autre organisme... Certaines banques proposent d'autres solutions. La Caisse d'épargne Ile-de-France Paris peut ainsi, à partir de 65 ans et après une étude personnalisée de votre dossier, prendre comme garantie le nantissement de valeurs (produits et placements) ou la caution de personnes physiques, vos enfants par exemple. Une chose est sûre, le montant des primes demandées après 65, 70 ou 75 ans sera directement lié à votre dossier médical et les fourchettes pratiquées sont parfois très larges. A la Caisse d'épargne Ile-de-France Paris, le taux passe ainsi de 0,84 % pour les meilleurs dossiers à... 6 % pour les plus délicats.

 

Si votre dossier est refusé dans les établissements bancaires classiques, il vous restera une solution : faire appel à un organisme spécialisé qui acceptera de vous couvrir. L’association Acarat étudie par exemple tous les dossiers refusés pour cause de pathologie aggravée ou d'âge trop avancé. Elle vous permet ainsi soit d'accéder au crédit dans votre banque soit de prolonger celui-ci grâce à un crédit relais pouvant aller jusqu'à 90 ans.

Précision importante : ce relais ne sera possible que si vous en avez fait la demande dès la souscription de votre contrat initial. Mais, l'espérance de vie augmentant régulièrement, de nombreuses banques, à l'instar de la Bred Banque populaire, réfléchissent aujourd'hui à des produits mieux adaptés à cette clientèle.

La tendance semble ainsi être à l'allongement des durées des durées des contrats.


Retour au sommaire...   232 CHALLENGES - NOVEMBRE 2000

Challenges répond à ses lecteurs

Diabète et emprunt

Agée de 51 ans, cadre dans une grande entreprise, je souhaiterais réaliser un projet immobilier. Plusieurs banques viennent de me refuser un prêt, sous le prétexte que je suis diabétique. En ont-elles le droit?

Anne S., 54000 Nancy

Notre réponse. Le problème ne vient pas du risque que vous représentez pour la banque, mais de celui que vous représentez pour l'assureur du prêt. Les compagnies d'assurances sont en droit d'exclure des pathologies de leur couverture. Des solutions existent cependant pour obtenir un prêt, notamment pour les diabétiques. Contacter l'Acarat (Tél.: 04-90-45-45-70; Minitel 3615 Acarat, 1,29 franc la minute), cette association à but non lucratif se charge de trouver des assureurs pour les "risques aggravés " (maladie, âge, sports extrêmes). La cotisation est modique. Rapprochez-vous aussi de l’Association française des diabétiques (AFD), à laquelle vous êtes peut-être déjà affiliée. Elle a négocié un contrat d'assurance (sans surprime excessive) avec l'assureur Axa.




Retour au sommaire...   60 MILLIONS DE CONSOMMATEURS - N° 342 - SEPTEMBRE 2000

Actualité ENQUETE

Assurance

Il suffit d’être malvoyant, diabétique ou d’avoir été opéré d’un cancer pour que les assureurs refusent de prendre en charge un emprunt immobilier :

Les associations de malades réclament des solutions rapides pour que cesse cette discrimination.

L’ANGOISSE PERMANENTE DE TOMBER MALADE

Daniel Clémendot, 41 ans, fonctionnaire et père de deux enfants de 10 et 6 ans, n'avait jamais eu aucun problème de santé quand il a demandé un prêt, en 1998, pour acheter une maison dans l'Essonne. Sa particularité: il est malvoyant. C'est ce handicap qui a motivé

la décision de la Caisse nationale de prévoyance de ne pas le couvrir en cas d'incapacité de travail et d'invalidité permanente absolue.

Son assurance fonctionnera donc s'il meurt, mais pas s'il est en longue maladie. Grâce à la confiance de son banquier Daniel Clémendot a quand même emprunté. Mais il vit désormais avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

 

Une grande maison en banlieue parisienne, pour être plus à l'aise avec sa famille... Le rêve de Daniel Clémendot s'est transformé en cauchemar. Son banquier voulait bien lui prêter la somme nécessaire, mais l'assurance a refusé de le couvrir en cas d'invalidité. La raison: il est malvoyant de naissance. " Cela doit être parce que je ne vois pas arriver les maladies ", raille-t-il. Stéphane, lui, a eu un coup de foudre pour une petite ferme près de Toulouse. Celui-ci n’a pas résisté à quatre mois de vaines démarches. Aucun assureur n’a accepté de couvrir son emprunt immobilier. " Trouver un assureur de séropositifs, c'est mission impossible ", enrage-t-il. Qu'il soit par ailleurs en bonne santé, que les progrès de la médecine aient transformé ce virus mortel en maladie chronique n’y change rien. En l'an 2000, par principe, les assureurs rejettent les demandes des séropositifs.

Ces deux cas sont loin d'être isolés. Tous ceux qui sont ou ont été gravement malades - sida (120 000 séropositifs), cancers (240 000 nouveaux cas chaque année), hépatite C (600 000 personnes), diabétiques (2 millions de personnes), cardiaques, handicapés moteur, etc. - font partie de la cohorte des "risques aggravés", comme les qualifie le jargon des assurances. " Il y a environ 4 millions de personnes dans ce cas ", estime Claire Compagnon, chargée du dossier des assurances à la Ligue contre le cancer. Les assureurs, eux, évaluent la population des exclus à 1 ou 2 % des demandeurs d'assurances.

Sans prêt, pas de projet de vie

A Sida Info Droit, la ligne téléphonique juridique de Sida Info Service, "plus du quart des appels concernent les assurances, et cela augmente d'année en année", constate Marc Morel, coordinateur juridique. Si l'assurance des personnes pour le décès ou l'invalidité n'est pas obligatoire dans le textes,

elle l'est devenue dans la pratique Sans assurance, pas de prêt, et sans prêt pas de projet de vie. " Ces refus suscitent une grande incompréhension des personnes, qui les ressentent comme un blocage à la reprise d'une stratégie de vie après la maladie ", dénonce Claire Compagnon. Ce rejet est d'autant plus douloureusement supporté que les progrès médicaux permettent aujourd'hui de stabiliser des maladies autrefois mortelles à court terme " Cette nouvelle donne médicale semble mal perçue du point de vue des assurances", notait déjà l'an dernier un rapport du Conseil national du sida.

Le fonctionnement des assurances explique en partie l'existence de ces " laissés-pour-compte ". Pour sélectionner leurs clients elles examinent deux critères: l'âge et la santé. C'est là qu’intervient le fameux questionnaire de santé, qui va servir aux assureurs à évaluer le risque, et donc le tarif de l'assurance. Les banques négocient avec les assureurs des contrats collectifs, qui couvrent des risques standards à des tarifs standards. Dès qu'un candidat emprunteur sort des sentiers battus, on lui propose une surprime, plus ou moins élevée, ou on l'exclut. " 95 % des candidats à l'assurance sont acceptés au tarif normal, 4 %font l'objet d'une proposition de tarif majoré et 1 % sont refusés, soit définitivement, soit en attendant d'avoir un recul suffisant après une opération ou une maladie grave ", explique-t-on à la Caisse nationale de prévoyance (CNP), le premier assureur français en couverture de prêts immobiliers. Si l'assureur estime que son client a deux fois plus de risques de mourir dans l'année que le risque standard, il double la prime. "La CNP peut faire des propositions de surprime allant jusqu'à 600 % de la prime normale, mais, pour des raisons commerciales, elle n'accepte de tarifer de tels surrisques que pour des clients jeunes et ayant de ce fait une prime de base modeste. " En clair, le montant de certaines primes est si énorme qu'il équivaut à un refus d'assurance.

Pour évaluer la tarification des risques aggravés, l'assureur se fonde sur des tables de mortalité, énormes compilations statistiques de multiples connaissances médicales. Et cherche à faire entrer l'individu dans ces paramètres. Exercice d'équilibriste : il faut jongler entre l'âge, les pathologies existantes, celles du passé, évaluer leurs poids respectifs, leurs interactions, les progrès de la médecine... C'est sur ce point délicat que se focalisent les Critiques des associations de malades, qui dénoncent l'opacité des critères retenus et l'impossibilité pour un "exclu" de connaître les motivations de l'assurance. " Nous avons découvert récemment que les assureurs disposaient pour le sida de données très anciennes et de tables non réévaluées ", révèle Claire Compagnon. C'est justement sur ce point que l'Association française des diabétiques (AFD) s'est battue pied à pied avec les assureurs pour leur faire admettre la diversité des diabètes. " Le diagnostic et l'ancienneté de la pathologie ne permettent pas de faire une évaluation correcte de l'état de santé du patient. Quelqu'un qui a toujours eu son diabète en équilibre et quelqu’un qui souffre de complications ne sont pas du tout dans la même situation ", explique Patricia Preiss, directrice de l'AFD. De plus, ce n’est pas la même chose quand on emprunte pour trois ans ou pour dix ans. " Pourtant, les critères des assureurs sont les mêmes ", souligne Patricia Preiss. L’AFD a mis au point un contrat avec l'assureur Axa pour assurer les diabétiques à un tarif acceptable, moyennant certaines contraintes. 1300 diabétiques se sont ainsi assurés depuis onze ans. "Nos médecins ont dû démontrer que le risque d'arrêt de travail et de mortalité n'était pas plus important chez un diabétique ", poursuit Patricia Preiss. Les banques ont aussi leur part de responsabilité: les solutions de remplacement (caution, nantissement), même si elles sont très limitées, sont bien souvent refusées par les établissements bancaires, de même que les tarifs modulés, car cela alourdit les dossiers.

Pendant le bras de fer, les exclusions continuent Les pouvoirs publics, poussés par les associations (notamment celles regroupant des malades du sida), ont chargé le conseiller d'État Jean-Michel Belorgey de présider un comité de "réflexions sur l'assurabilité". Les travaux, auxquels participaient associations et assureurs, ont duré un an. Pour aboutir à un rapport, rendu en catimini en mai dernier, qui a provoqué une vive déception parmi les associations: il ne défend aucune solution énergique et se contente d'évoquer, entre autres, la suppression des questionnaires médicaux pour les petits prêts ou le recours à des solutions alternatives à l'assurance. Pour Christian Saout, président de l'association

Aides, la solution serait la création d'un fonds de garantie qui prendrait en charge les surprimes des personnes à risques aggravés et serait géré par une autorité indépendante des assurances. " On peut comprendre que certaines personnes trop gravement malades ne puissent être assurées. Mais il faut que la solidarité prenne le relais pour ceux dont les assureurs ne veulent pas", estime-t-il. Echec de la convention de 1991 sur l'assurabilité des séropositifs prouve, selon lui, les limites de la bonne volonté des assureurs. Les associations réclament aussi une mesure souvent préconisée: la suppression des questionnaires de santé au-dessous d'un certain seuil. Preuve que cela est possible, une banque (qui souhaite rester anonyme) prête déjà de petites sommes (80 000 F ou 100000F) sans questionnaire médical, avec un taux d'assurance un peu plus élevé: 0,6 %, au lieu de 0,48 % pour le même prêt avec questionnaire médical. Sans qu'il y ait plus de sinistres que pour les autres prêts.

Il est donc temps que les pouvoirs publics prennent les choses en main, car les individus confrontés à ces problèmes se retrouvent dans des situations intenables. " Pour obtenir un prêt, beaucoup sont contraints de mentir et de faire de fausses déclarations à l'assurance ", ajoute Christian Saout. Mais une fausse déclaration entraîne la nullité du contrat si le pot aux roses est découvert, ce qui signifie que l'assurance ne jouera pas en cas de besoin. " Il va y avoir des contentieux terribles ", s'inquiète Christian Saout. Les associations voudraient que la future loi sur la modernisation du système de santé comprenne un volet sur l'assurabilité des malades. Les assureurs s'y opposent. Pendant le bras de fer, les exclusions continuent.

Des questionnaires indiscrets

La discrimination en raison de l'état de santé, interdite par la loi française, n’est pas opposable aux assurances, qui ont le droit de connaître beaucoup de choses dans ce domaine. Leurs questionnaires s'apparentent parfois à de véritables bilans de santé, comprenant une trentaine de questions très précises. Ils vous demandent si vous avez subi une opération et laquelle, si vous avez déjà été pris en charge à 100 % (signe d'une grave maladie), si vous avez mal au dos, si vous avez eu des traitements de plus d'un mois, si vous avez subi un test de dépistage du sida et quel en a été le résultat... Les assurances peuvent également demander au candidat de se soumettre à un examen médical ou biologique, voire à un test HIV.

 

ENQUETE

DIX ANS D'ÉCONOMIES, ET PAS DE MAISON Annie Sévérac, 50 ans, comptait se faire construire une maison sur ce terrain, situé à Barbizon, en Seine-et-Marne. Elle venait de l'acheter comptant l'année dernière, quand elle a appris qu'elle avait un cancer du sein. Du coup, malgré une opération qui s'est bien passée et un bon pronostic, son prêt a été refusé par l'assureur. Elle ne comprend pas pourquoi ses biens personnels ne peuvent pas être pris en considération. Doit-elle revendre son terrain, alors que, depuis dix ans, elle économise pour cette maison ?

Si l'on vous refuse une assurance

- Si vous êtes exclu par une assurance ou si la surprime est trop onéreuse, ne baissez pas les bras allez voir d'autres banquiers et d'autres assureurs. Ce n'est pas parce qu'une compagnie refuse de vous assurer que sa concurrente le fera également.

- Si vous êtes diabétique, vous pouvez prendre contact avec l'Association française des diabétiques (AFD), qui vous expliquera le fonctionnement du contrat d'assurance qu'elle a négocié. AFD : 58, rue Alexandre Dumas, 75011 Paris. Tél. : 0140 09 24 25.

 

- Il existe une association d'assureurs spécialisée dans les risques aggravés (malades, plus de 60-65 ans ou pratiquants d'un sport à risque). Cette association à but non lucratif se charge, moyennant 200 F, de vous trouver un assureur. Les dossiers sont examinés très vite et elle vous fournit une réponse en quelques jours, à la différence des autres assureurs, qui font souvent traîner les choses en longueur. La Ligue contre le cancer et la Fédération nationale d'aide aux insuffisants rénaux travaillent avec cette association. Acarat : BP 47, 13580 La Fare-Les-Oliviers. Tél. : 04 90 45 45 70. Minitel : 3615 ACARAT (1,29 F/min).

- Si la tentation de mentir aux assureurs est grande, sachez que cette fraude est dangereuse :

si l'assureur la découvre, votre contrat d'assurance est considéré comme nul, c'est-à-dire qu'aucune garantie ne sera mise en oeuvre. Et cela, même si le problème qui met en oeuvre la garantie n'a pas de rapport avec la maladie que vous avez dissimulée.

- Pour un petit prêt, pensez à demander à votre banquier s'il n'offre pas une formule sans questionnaire médical. Certaines banques la proposent, mais elles ne veulent pas le faire savoir, pour ne pas attirer trop de personnes à risques aggravés. Vous devrez payer une légère surprime et vous ne pourrez pas emprunter plus de 100 000 F ou 120 000 F.

 

 

NATHALIE SAPENA



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VSD – N°1172 – 10 au 16 février 2000

Crédits pour les seniors :

la note est salée

Plus le client est âgé, plus emprunter lui coûte cher. Bien que les retraités soient plus fiables, les banques imposent des assurances contraignantes et onéreuses.

Certes, il n'existe aucune limitation d'âge légale pour obtenir un crédit. Mais, pour de nombreuses banques, le temps des cheveux gris n'est pas propice à la distribution des prêts. Pourtant, un retraité est presque toujours un excellent client, d'abord parce qu'il est financièrement assagi, ensuite parce qu'il a des revenus réguliers pour le restant de sa vie, ne risque pas de perdre son emploi et possède souvent une épargne-réserve.

Il n'empêche: malgré l'allongement de la durée de la vie et la richesse statistiquement reconnue des anciens, les établissements financiers se montrent réticents dès qu'il s'agit de leur ouvrir les cordons de la bourse, surtout pour de grosses sommes destinées à acquérir un logement ou à y faire d'importants travaux.

Attention,

d'un établissement à l'autre,

les conditions varient

Les banquiers n'accordent ces prêts qu'à la condition de souscrire une assurance leur garantissant le remboursement en cas de décès de l'emprunteur.

Pour les crédits à la consommation de petits montants, moins de 50 000 francs, cette démarche n'est pas toujours obligatoire.

À chaque banque ses règles: la BNP majore la prime à partir de 65 ans et n'accorde plus de crédits notables passé les 70 printemps. Le Crédit du Nord, quant à lui, propose un prêt spécifique senior jusqu'à 75 ans incluant une garantie décès. La même banque a mis en place une offre, " Norazur ", où, moyennant 650 francs par an, les clients les plus âgés bénéficient avec leur carte bancaire et leurs placements financiers de services d'assistance spécifiques (aide ménagère, conseils fiscaux, soins médicaux). À noter que quelques autres établissements développent actuellement leurs prestations pour fidéliser davantage cette clientèle aisée. Mais toujours de façon discrète, histoire qu'une politique commerciale pour les plus de 55 ans ne risque pas de vieillir leur image.

Pour les crédits immobiliers de longue durée, l'assurance décès est incontournable, et leurs taux sont généralement plus élevés (de 0,5 à 2 %) que pour la clientèle plus jeune. Les établissements les plus ouverts à ce type de crédit ont souscrit des contrats d'assurance spéciaux, dits " de groupe ", pour obtenir de meilleures conditions. Mais ils imposent des limites. La principale restriction est l'impossibilité de souscrire ce contrat passé un certain âge : 65 ans au Crédit foncier, 70 ans à la BNP, 75 ans à la Société générale.

 

Dans certains organismes, cette limitation est même un véritable couperet, car le prêt, souscrit par exemple à 55 ans, s'arrêtera automatiquement lors du soixante-cinquième anniversaire. Ainsi ' un emprunteur de 59 ans, ne pourra souscrire qu'un crédit de 6 ans au maximum. Ce n'est heureusement pas toujours le cas. À La Poste, aux Caisses d'épargne ou à la BNP, entre autres, il est possible de demander une extension de la garantie décès. Il est donc recommandé de rester vigilant lors de la souscription.

Certaines

compagnies

spécialisées assurent

jusqu'à 89 ans !

Autre possibilité : démarcher à titre individuel certaines compagnies d'assurances spécialisées, comme Azur ou Acarat-AGF, qui acceptent de garantir des emprunteurs âgés, parfois jusqu'à 89 ans. Mais tout cela a un prix qui alourdit d'autant la facture: à la BNP, étendre la couverture d'assurance est facturé 1,8 % du capital restant dû (voir tableau); à La Poste, pourtant très ouverte aux emprunteurs de plus de 55 ans, les primes doublent après 70 ans. D'une manière générale, l'assurance coûte jusqu'à quatre fois plus cher pour un senior que pour un trentenaire.

En revanche, si le crédit s'avère plus onéreux pour les aînés, ceux-ci peuvent réaliser des économies sur les contrats d'assurance auto et d'habitation, souvent moins chers. S'ils conduisent encore, ils entretiennent mieux leur voiture et leur logement. Ils sont plus présents dans leur résidence et ils sont mieux équipés en éléments de sécurité. Ainsi, les compagnies Zuritel (" Allô Meca "), Azur (" Distincto "), Lloyd (" Séfiane ") pratiquent des tarifs inférieurs jusqu'à 20 % pour cette clientèle particulière.

YVES TESSÉ



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FAIRE FACE – N° 568 – Septembre 1999

 

Emprunter de l'argent ressemble trop souvent

à une gageure pour les acheteurs handicapes.

Entre les assureurs qui rechignent à octroyer

l'indispensable assurance-crédit et les établissements

financiers qui refusent de considérer l'allocation

aux adultes handicapés et les pensions

d'invalidité comme de véritables revenus,

enquête sur une discrimination totalement légale.

" 0n ne prête qu'aux riches " assure le vieil adage populaire. "Mais seulement s'ils sont valides" devrait-il préciser. Pas facile en effet d'obtenir un prêt lorsqu'on ne remplit pas cette dernière condition. A revenu égal, les personnes handicapées ont plus de difficultés à emprunter de l'argent auprès d'une banque ou d'un établissement de crédit que les personnes valides. Cette discrimination n'est pas nouvelle et son existence est largement reconnue. A tel point que la question a été évoquée à plusieurs reprises ces dernières années par les députés et sénateurs, sans pour autant qu'une solution y soit apportée. Reste que cette différence de traitement demeure tout à fait légale.

Pour obtenir un emprunt d'un montant élevé - immobilier par exemple - l'assurance-crédit est le sésame indispensable. Les banques ne se contentent pas de vérifier les revenus, elles veulent aussi se prémunir du risque de non-remboursement en cas de décès de l'emprunteur. Elles exigent donc de ce dernier qu'il contracte une assurance. Pour l'immense majorité des clients, rien de plus facile. Chaque établissement a en effet négocié avec la compagnie de son choix un contrat-groupe. Celui-ci, fixé sur la base de norme moyennes (âge, conditions de santé ... ), permet de couvrir l'emprunteur-type au prix le plus compétitif possible. "Entre 99 et 99,5% de candidats à l'assurance-crédit rentrent dans cette norme de contrat collectifs, affirme Bruno Muller chargé de mission auprès du directeur de la clientèle des établissements financiers du CNP. Quant à ceux qui n'y rentrent pas, nous leur proposons un contrat d'assurance individuel". C'est là que les choses se corsent pour ces clients hors-norme dont font partie les personnes handicapées Après examen du dossier médical par son médecin-conseil, l'assureur peu en effet refuser d'assurer l'emprunteur ou décider de lui appliquer une surprime. Celle-ci est calculée en fonction du risque de surmortalité qu’il présente. Plus ce risque est, important, plus la surprime sera élevée. Si élevée - souvent deux ou trois fois voire parfois même, dans les cas extrêmes, huit fois le montant demandé à un valide - qu'elle porte les échéances mensuelles du crédit à un montant supérieur aux capacités de remboursement de l'emprunteur.

Discriminatoire ? Pas au regard de la loi en tout cas. "La loi n° 90-602 du 12 juillet 1990 relative à la protection des personnes contre les discriminations en raison de leur état de santé ou de leur handicap ( ... ) a expressément prévu une dérogation pour les opérations ayant pour objet la prévention et la couverture du risque décès, des risques portant atteinte à l'intégrité physique de la personne ou des risques d'incapacité de travail ou d'invalidité (article 225.3 du nouveau code pénal), précise le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie dans une note publiée au journal

officiel du Sénat"'. En effet, les assurances concernées constituent un instrument de prévoyance individuelle facultatif fonctionnant sur le principe de la proportionnalité de la prime d'assurance au risque". Autrement dit, l'étendue des garanties et les conditions tarifaires des assurances-crédits relèvent de la liberté contractuelle et non de dispositions législatives ou réglementaires. L'assureur a donc tout à fait le droit de refuser certains risques ou de n'accorder sa garantie qu'en contrepartie d'une surprime, aussi élevée soit-elle.

La politique frileuse des compagnies d'assurance est-elle pour autant fondée ? "Le problème majeur, c'est que ces compagnies méconnaissent le problème du handicap", assure Ghislaine Rayer, gérante du cabinet de courtage CCA George V. Bien sûr, elles disposent de tables statistiques sur les risques de surmortalité des personnes handicapées.

"Mais elles n'ont pas de données suffisamment fines pour envisager tous les cas". Et surtout, elles manquent d'expérience pour appréhender véritablement les risques inhérents à cette population réputée peu consommatrice de crédit et à laquelle elles ne se sont donc jamais réellement intéressées. Résultat, les compagnies appliquent des surprimes élevées pour être sûres de ne pas perdre d'argent sur un marché aux contours mal définis.

Pourtant lorsqu'elles se penchent sérieusement sur le sujet, les assurances parviennent à proposer des surprimes raisonnables. La Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés (FNATH) a ainsi récemment négocié un contrat groupe avec AXA, spécialement conçu pour les personnes handicapées. Les adhérents de la fédération peuvent désormais souscrire une assurance-décès, dont le taux de base annuel est de 0,36% du capital emprunté (soit un coût mensuel de 120 F pour un emprunt de 400 000 F). Bien sûr, comme dans n'importe quel contrat-groupe, les emprunteurs qui s'éloignent trop de la norme sur laquelle a été bâti ce contrat ne pourront être couverts. Il n'en reste pas moins que ceux qui souhaitent contracter une assurance-crédit ont tout intérêt à se renseigner auprès de la FNATH. Tout comme ils seraient bien inspirés d'étudier les contrats collectifs que proposent également l'ANPHA (Association nationale des personnes handicapées et de leur famille), le cabinet CCA Georges V et ACARAT (Association du cercle des assureurs des risques aggravés et techniques).

L'autre solution consiste à frapper à la porte des rares courtiers d'assurance qui se sont spécialisés dans le handicap (Handi-Assur, Olivier Simar, CCA Georges V ... ). Ces courtiers, dont le rôle est de jouer les intermédiaires entre assureurs et candidats à l'assurance, négocient des contrats individuels auprès des compagnies. Et dans la plupart des cas, ils parviennent à obtenir des surprimes largement inférieures à celles proposées initialement aux personnes handicapées.

Vous avez réussi à négocier une surprime d'assurance raisonnable et à contracter un crédit immobilier pour acheter votre appartement ? Bravo. Maintenant essayez donc, pour équiper votre logement, de souscrire un prêt à la consommation auprès d'un établissement de crédit, du type Cétélem, Cofinoga, Sofinco ou autre... Si vous êtes salarié, aucun problème. L'établissement financier examinera votre dossier comme n'importe quel autre. Par contre, si votre handicap vous empêche de travailler et que vous percevez une pension d'invalidité ou l'allocation aux adultes handicapés (AAH), la réponse à votre demande de prêt sera presque toujours négative, quel que soit le montant de vos revenus.

Pourquoi un tel refus ? Au siège de Sofinco, on affirme que "la décision d'accorder un prêt dépend des revenus et de la somme empruntée mais pas de la nature des revenus". "Plusieurs tests auprès d'agences commerciales de la société ont pourtant montré que, comme dans de nombreux autres établissements de crédit, l'absence de revenu salarié était rédhibitoire. Le simple fait de dire que vous touchez uniquement l'AAH ou une pension entraîne un refus poli de l'opérateur téléphonique qui ne

vous demande même pas le montant de vos revenus. "Nous avons certainement un effort d'explication à faire auprès de nos agences", s'excuse-t-on chez Sofinco. Chez le concurrent Cétélem, la réponse est sans ambiguïté : "Il faut un revenu salarié pour pouvoir emprunter". Chez Cofinoga, on se montre plus pédagogue: "L'allocation adulte handicapé n'étant pas saisissable, nous n'accordons pas de prêt aux personnes qui n'ont que cette allocation comme revenu". C'est vrai, mais la pension d'invalidité, elle, est saisissable dans les mêmes conditions que les salaires. Et pourtant, tests à l'appui, les titulaires de pension essuient chez Cofinoga un refus aussi systématique que les titulaires de l'AAH. Il n'y a guère que chez Cofidis que l'on se montre plus ouvert.. "La nature des revenus n'est pas un critère de refus", assuret-on au siège. Simple discours politiquement correct ? A priori non puisqu'au service commercial, la réponse est la même. "Peu importe que vous perceviez une

allocation pour handicapé ou une pension d'invalidité", vous explique-t-on avant de vous envoyer un dossier à remplir.

Face à ces nombreux refus, la personne handicapée n'a aucun recours. Les établissements de crédit sont en effet totalement libres de leurs décisions en matière de concours financiers. "Ils ont toute latitude pour accorder ou refuser les concours demandés par leurs clients, en fonction de l'appréciation qu'ils portent sur leur situation et les garanties offertes, précisait le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie dans une note parue au Journal officiel de l'Assemblée nationale"'. Le défaut ou l'insuffisance de garantie constitue pour un banquier un motif légitime de refus de crédit. Cette démarche fondée sur une analyse du risque ne saurait être considérée comme discriminante à l'égard des personnes handicapées au regard des dispositions de l'article 225-1 du code pénal". Conclusion : si vous voulez acheter le canapé de vos rêves, le mieux reste encore d'épargner.

Franck Seuret

(1) JO. du Sénat du 24 septembre 1998 Réponse de M. le ministre de l'économe, des finances et de l'industrie à la question n'9004 posée le 18 juin 1998 par le sénateur Hubert Haenel.

(2) J0. de l’assemblée nationale du 25 mai 1998. Réponse de M. le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie à la question n° 8021 posée le 22 décembre 199 7par le député Jacques Fleury.




Retour au sommaire...   INVESTIR MAGAZINE – N° 1304 – Janvier 1999

Pour souscrire un crédit immobilier, il faut adhérer à l'assurance groupe de la banque. Une enquête montre que le contrat n'est pas toujours à la hauteur.

Assurez votre prêt sans ambiguïtés

En France, près de 44% des ménages remboursent un ou plusieurs emprunts; 90 % des prêts immobiliers sont couverts par une assurance décès, incapacité et invalidité. Le nombre de sinistres déclarés aux assureurs est à la mesure de ces chiffres: soixante-dix mille décès d'emprunteurs par an et deux cent cinquante mille incapacités et invalidités. Ces données expliquent l'ampleur du contentieux, estimé à environ trois mille dossiers par an, qui se règlent mal à l'amiable et alimentent une abondante jurisprudence. Une enquête de l’Anil (Association nationale d'information sur le logement) dresse l'inventaire des principaux problèmes rencontrés,

En cas de décès ou d'invalidité, l'assureur solde le crédit, c'est-à-dire rembourse le capital restant dû à l'établissement financier. La garantie incapacité de travail couvre, elle, le paiement des mensualités en lieu et place de l'emprunteur tant qu'il ne peut pas travailler ou pour un délai fixé au contrat. Comme pour tout contrat d'assurance, il existe de nombreuses exclusions qui font parfois douter de l'intérêt de la souscrire, bien que les prêteurs la rendent quasi obligatoire.

Les contrats ne couvrent en général pas le décès dû, entre autres, à la pratique de sports dangereux ou au suicide intervenant dans l'année de la souscription. La garantie invalidité ne couvre pas les suites de l'usage d'alcool ou de drogue ni le refus de soins. Dans l'incapacité permanente, nombre d'affections sont écartées: diabète, grossesse et accouchement (même pathologique), affections dorso-lombaires ou dépression nerveuse... La frontière entre incapacité de travail et invalidité n'est par ailleurs pas toujours nette.

Interrogatoire médical

Le questionnaire médical rempli par l'assuré se révèle un redoutable piège qui se referme au moment du sinistre. L'assuré est obligé (1) de "répondre exactement aux questions posées par l'assureur, notamment dans le formulaire de déclaration du risque par lequel l'assureur l'interroge lors de la conclusion du contrat sur les circonstances qui sont de nature à faire apprécier par l'assureur les risques qu'il prend en charge ". Une déclaration inexacte, même si l'erreur n’a aucun lien avec la cause de la maladie objet du sinistre, expose l'assuré à une sanction.

Si la fausse déclaration est intentionnelle et la mauvaise foi prouvée, l'assureur peut opposer la nullité du contrat, c'est-à-dire refuser toute indemnité.

Si l'assuré se trompe de bonne foi,'il se verra appliquer la règle proportionnelle: l'indemnité sera réduite en proportion de la prime payée par rapport à ce qu'elle aurait dû être si le risque avait été déclaré. '.

L'une des pièces à conviction est ce fameux questionnaire médical que l'emprunteur, pressé d'obtenir son prêt, remplit sur un coin de guichet, quand ce n'est pas l'employé de banque lui-même qui tient le stylo. Certains formulaires sont déconcertants. Que répondre à la question : "Avez-vous fait l'objet d'un suivi médical ?" Faut-il comptabiliser le nombre de visites chez son médecin depuis sa naissance ?

 

 

 

 

Chaque mot compte

Il n'est pas simple de comparer les contrats, parce que les garanties varient de l'un à l'autre, tout comme la présentation du prix. Le coût peut s'estimer en F/mois pour 10.000 F empruntés, en pourcentage annuel du capital emprunté ou encore en pourcentage annuel du capital restant dû. La seule comparaison possible reste celle de l'incidence sur le taux effectif global du prêt, mais elle n'est possible que pour un montant, un taux et une durée de prêt donnés. Dans notre tableau, son poids va de 0,47% pour les meilleurs contrats (La Poste) jusqu'à 0,66% (Crédit Foncier).

Lorsque l'emprunteur décède, l'assureur demande aux héritiers un certificat de décès avant de solder le crédit. Les médecins se contentent généralement de la mention "mort naturelle", sans préciser sa cause exacte. Cela ne satisfait pas l'assureur qui veut être certain qu'elle n'a pas été causée par une exclusion prévue au contrat ou un antécédent de santé non déclaré.

Les contrats précisent de plus en plus clairement ce qu'il faut entendre par " invalidité permanente et absolue ", en référence aux catégories de la Sécurité sociale. Une invalidité de troisième catégorie signifie une incapacité définitive et absolue d'exercer toute activité pouvant procurer gain ou profit et l'assistance d'une tierce personne pour tous les actes de la vie courante. On ne saurait être plus restrictif.

Quant à l'incapacité de travail, elle se définit souvent comme l'impossibilité d'exercer toute activité professionnelle, ce qui est très différent de la clause qui prévoit que l'assuré ne peut plus exercer " son " activité professionnelle. C'est sans doute le point qui fait la différence entre un bon et un mauvais contrat d'assurance et qui alimente les plus durs conflits (2).

En matière d'assurance, la prescription est de deux ans, ce qui signifie qu'un sinistre déclaré plus de deux ans après qu'il est survenu peut ne pas être indemnisé. C'est un délai court dans le domaine des maladies invalidantes, d'autant que, comme cette disposition est d'ordre publie, elle n'est pas rappelée dans les notices d'information. Attention! La déclaration doit s'adresser à l'assureur, pas au banquier.

Deux ans pour réagir

Il reste à définir le point de départ de ce délai qui, d'après la loi, est la date où l'assuré prend connaissance du sinistre. Or, pour déclarer un malade en invalidité de troisième catégorie, la Sécurité sociale peut prendre des mois, voire des années et les assureurs ne manquaient pas d'opposer la prescription, arguant du fait que l'assuré connaissait son problème de santé bien avant. Heureusement, la jurisprudence est venue au secours des assurés, estimant que le point de départ démarre lors la notification, par la Sécurité sociale, du classement en invalidité (Cour de cassation, Il chambre civile, 4 février 1997).

(1) Article L.112-3 du Code des assurances. (2) Lire les commentaires d'un litige pour lequel la cour d'appel de Riom avait donné raison à l'assuré, mais où la Cour de cassation trancha en faveur de la CNP (Rubrique Jurisprudence d'" Investir Magazine " de novembre 1996 et septembre 1998).

Pour de plus amples informations

* " Les assurances liées aux emprunts immobiliers ", octobre 1998, Anil. * " Les assurances emprunteurs ", compte rendu du colloque de Rennes du 13 décembre 1997, Presses Universitaires de Rennes, 100 F, à commander au Centre technique régional de la consommation de Bretagne : 19 bis, rue Duhamel, 35000 Rennes.

Conseils avant de souscrire

Citons également un courtier spécialisé : Acarat (Association du cercle des assureurs risque aggravé et technique). Tél. : 04.90.45.45.70 et site Internet: www.acarat.com.

Agnès Clément




Retour au sommaire...   PELERIN MAGAZINE – N° 6042 – 18 septembre 1998

Mieux vivre - dossier droits

Crédit après 60 ans

Lors d'un emprunt, 1'age du souscripteur compte beaucoup.

Car crédit et retraite ne font pas toujours bon ménage.

En fait, tout dépend du prêt, de la banque sollicitée et des assurances contractées.

 

Lorsqu'on a un revenu régulier, il est relativement facile d'obtenir un prêt à 30, 40 ou 50 ans pour financer la construction d'une maison, l'achat d'une voiture, ou même un beau voyage. Mais les choses deviennent moins faciles passé la soixantaine...

Aucun crédit n'est accordé sans la souscription d'assurances. La principale d'entre elles - la seule qui soit obligatoire pour obtenir un prêt - est celle qui couvre le décès, l'invalidité permanente et absolue ainsi que l'incapacité de travail (l'assurance perte d'emploi n'a aucun caractère obligatoire). Le principe est simple : lorsque l'un des risques couverts se réalise - si l'emprunteur décède, par exemple - le prêt, quel que soit le montant du capital encore dû, est automatiquement soldé. Autrement dit, la compagnie d'assurance se charge de rembourser la banque ou l'établissement financier prêteur.

Chaque banque ou établissement spécialisé négocie avec une société d'assurance son propre contrat décès-invalidité : c'est pourquoi il existe des différences entre les garanties et les tarifs de ces assurances d'un prêteur à un autre. Pour des crédits de courte durée et de faible montant, ces écarts n'ont que peu d'impact, mais pour des prêts importants ils peuvent être très significatifs. Il faut donc toujours se pencher sur les conditions de l'assurance quand vous demandez un prêt.

La garantie Décès Invalidité repose sur le principe de la mutualisation, comme les autres assurances. Les plus jeunes, c'est-à-dire les emprunteurs qui, statistiquement, présentent le moins de risques de décès ou d'invalidité, paient pour les plus âgés. Concrètement, il n'existe qu'un seul montant de cotisation : un emprunteur âgé de 310 ans paye donc le même prix sa couverture décès-invalidité qu'un autre emprunteur âgé de 64 ans. Ce système a toutefois ses limites : il n'est plus possible de faire " entrer " aux mêmes conditions dans l'assurance les personnes les plus âgées (au-delà de 65 ans le plus souvent), compte tenu des risques statistiques élevés qu'elles représentent.

Mais, alors que l'espérance de vie s'allonge, les établissements prêteurs ont compris qu il leur était de plus en plus difficile d'ignorer les emprunteurs retraités. D'autant que ces derniers ont un profil idéal : revenus stables et réguliers, absence totale ou presque d'impayés.

Des systèmes d'assurance ou de garantie ont été mis en place pour les plus de 65 ans. Ils varient selon le type de prêt demandé, l'âge auquel il est souscrit et surtout l'âge limite auquel il sera remboursé.

 

- Les prêts à la consommation restent assez faciles à souscrire jusqu'à 70/75 ans. Pourquoi ? Essentiellement parce que les montants en jeu, de 20 000 F à 50 000 F, et donc les risques pour la banque sont moindres. Au CCF par exemple, le prix de l'assurance d'un prêt classique à échéances constantes est de 3,25 F par mois pour 10 000 F empruntés. Ce coût est fixe quel que soit l'âge de l'emprunteur au moment de la souscription du prêt et cela jusqu'à ses 69 ans. Même principe à la Société générale : lorsque l'adhésion au contrat d’assurance de groupe intervient avant 65 ans, le prix de l'assurance est de 3 F par mois pour 10 000 F empruntés, soit 0,36 % l'an calculés sur le capital emprunté. Ce tarif ne change pas au-delà de 65 ans, mais alors, seul le risque de décès est couvert, celui de l'invalidité ne l'est plus. A la Caisse d'épargne Ile-de-France-Paris, le contrat de groupe proposé ne peut être souscrit sans aucune modification de tarif que jusqu'à l'âge de 65 ans. Pour un emprunt de 100 000 F sur dix ans, un emprunteur de 50 ans devra débourser 34,08 F par mois au titre de l'assurance décès-invalidité, mais à 65 ans, il devra opter pour une garantie spécifique qui lui coûtera, pour un montant et une durée de prêt identiques, le double, soit 68,16 F par mois!

- Pour un crédit immobilier, les choses sont différentes. Les montants et les durées des emprunts sont plus élevés. Les risques pris par la banque aussi. Pour pallier cet inconvénient, quelques banques acceptent certes de couvrir un emprunteur d'un certain âge au moment de la souscription du prêt, mais elles fixent une échéance à la période de garantie. Ainsi, au Crédit lyonnais, la garantie décès ne joue normalement que jusqu'aux 70 ans de l'emprunteur. Même principe à la BNP, où la garantie cesse au 31 décembre qui suit le jour du soixante-dixième anniversaire avec, toutefois, sur option et moyennant surcoût, une prolongation possible de cinq ans. En clair, cela signifie qu'il est possible d'emprunter à 60 ans, mais sur dix ans seulement, ou à 65 ans, mais sur cinq ans, ce qui suppose, lorsque le montant du prêt est élevée, une importante capacité de remboursement! Et de surcroît, il faut être en bonne santé.

En effet, les assureurs écartent systématiquement les "mauvais risques". Ce jargon désigne, quel que soit leur âge, les personnes qui ont affronté des problèmes de santé plus ou moins graves. Pour les débusquer, les banques font remplir aux emprunteurs des questionnaires de santé sous forme de déclarations sur l'honneur. Un asthmatique de 55 ans ou un homme de 60 ans ayant subi un pontage coronarien ont ainsi peu de chances d'être acceptés au titre du contrat d'assurance de la banque. Pour emprunter, il ne leur reste que deux solutions.

- Trouver ailleurs une assurance individuelle au prix fort qui va couvrir le prêt en cas de problème. Cette démarche n'est pas facile. En cas d'échec, il est toujours possible de se tourner vers l'Acarat (Association du cercle des assureurs des risques aggravés et techniques *), qui s'est fait une spécialité de la couverture des personnes dites à risques.

- Convaincre le prêteur d'accepter d'autres garanties qu'une simple assurance. Par exemple: la délégation d'un contrat d'assurance vie ou le nantissement d'un portefeuille de valeurs mobilières. Dans cette hypothèse, chaque dossier est alors étudié de très près, car ces options sont encore considérées à l'heure actuelle comme des garanties complémentaires à une assurance décès-invalidité (acceptées en substitution d'une prise d'hypothèque pour un crédit immobilier par exemple), mais non comme des garanties à part entière, pouvant couvrir à elles seules le remboursement d'un prêt.

Acarat,

(prévoir 200 F de frais d'étude).

MATHILDE MONTBELLO



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IMMONEUF – N° 20 – Mars 1998

Emprunter après 60 ans,

c’est possible

Aujourd'hui, les banques n'hésitent plus à prêter aux seniors.

Mais encore faut-il savoir à quelles conditions.

Car les établissements de crédit n'aiment pas prendre de risques.

Et plus l'on avance en âge, plus l'assurance qu'ils réclament peut être coûteuse !

Halte aux idées reçues ! Aujourd'hui, crédit immobilier et retraite ne font pas mauvais ménage. Et souscrire un prêt de longue durée quand on a passé la soixantaine ne tient plus du parcours du combattant. Pourquoi ? D'abord parce que l'espérance de vie ne cesse d'augmenter. Elle est aujourd'hui de 74 ans pour les hommes et de 82 ans pour les femmes, contre respectivement 68 et 76 ans il y a vingt ans *. On a donc le temps de rembourser. Ensuite, parce que les établissements financiers ne rejettent plus les seniors. D'ailleurs, comment pourraient-ils les évincer ? Les 65-85 ans représentent actuellement neuf millions d'individus (soit 15,4 % de la population) contre à peine six millions en 1970. Et surtout, ils possèdent des atouts pouvant séduire la plus vigilante des banques : des revenus réguliers, une retraite avantageuse, un patrimoine confortable, un taux d'endettement inférieur à trente... Sans oublier qu'ils ne sont pas exposés au chômage et que leur niveau de vie est supérieur de 5 % à celui de la moyenne des Français. Conséquence : le risque de défaillance est moindre que chez les autres catégories d'emprunteurs. Alors, le retraité serait-il devenu LE client idéal ? Pas sûr..

 

PRENEZ DE L'ASSURANCE

60 ans est une chose ; obtenir satisfaction en est une autre. Jugez-en plutôt. A l'UCB, un client âgé de 70 ans peut se voir accorder un prêt immobilier avec une échéance de remboursement allant jusqu'à 80, voire 85 ans. Pour autant, les emprunteurs de plus de 60 ans représentent seulement 10 % des crédits immobiliers accordés par cette banque. Pourquoi tant de dossiers sont-ils rejetés ? La

réponse tient en quelques mots : l'assurance décès ou l'Assurance décès invalidité totale (ADIT). Notez qu'après 65 ans, la couverture se réduit à la garantie décès, l'incapacité de travail et d'invalidité n'ayant plus lieu d'être. En cas de malheur, l'assurance décès sert à rembourser le prêt à la banque et libère votre conjoint ou vos héritiers du paiement des échéances restantes. Elle est

obligatoire dans la majorité des établissements (BNP, Abbey national, etc.) inversement, le Crédit foncier ne l'impose pas si vous pouvez garantir l'emprunt l'aide, par exemple, d'une assurance vie. Mais encore faut-il en avoir les moyens Dans le cas contraire, vous n'obtiendrez pas de crédit sans assurance...

Et pas d'assurance si la compagnie affiliée à votre banque estime que vous présentez des risques médicaux trop élevés. Pour les évaluer, elle vous impose de remplir un questionnaire de santé. Celui ci est étudié dans le cadre d'un contrat de groupe. C'est à dire qu'il sera traité avec la même sévérité, que vous ayez 40 ou 60 ans. D'où un nombre considérable de refus. Car, bien sûr, les probabilités d'avoir des troubles (cardiaques, vasculaires, rénaux ... ) sont plus importantes lorsqu'on additionne un certain nombre de printemps. Une sciatique, une opération délicate... Et la maison que vous vouliez acheter pour vos vieux jours se transformera en château en Espagne!

 

PETIT MENSONGE... ET GROS ENNUIS

Mais attention ! Ne camouflez jamais vos antécédents (troubles cardiaques, dépression, obésité, cancer .. ). Et cela, quel que soit votre état médical au moment où vous remplissez le formulaire. Le Code des assurances est formel sur ce point : " Le contrat est nul en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle de l'assuré " (art.L 113.8 et suivants). D'ailleurs, s'il a le moindre doute, l'assureur peut exiger un examen complémentaire chez un médecin agréé. Si ce dernier découvre la supercherie de votre vivant, il résiliera immédiatement votre contrat. S'il s'en rend compte après votre décès, vos héritiers devront rembourser le prêt. Et souvent vendre le bien acquis à crédit pour payer les traites. Votre dossier est accepté, mais... sous quelles conditions. Car si les banquiers prêtent volontiers jusqu'à 70 ans (dans le cadre d'un contrat de groupe et au-delà avec une assurance particulière), ils ne sont pas des philanthropes pour autant ! De fait, la prime exigée à la signature du prêt n'est pas donnée. Elle peut atteindre le triple, voire le quadruple de celle prévue par la police d'assurance décès d'un crédit immobilier classique (entre 0,40 et 0,50 %).

LE PRIX DES ANS

Comment cette prime est-elle fixée ? Le principe est simple. Que vous ayez 40 ou 65 ans, le taux d'intérêt du prêt ne change pas. Mais à ce taux brut, s'ajoutent les frais de dossiers et la fameuse assurance décès-invalidité. " Son coût varie selon l'âge du demandeur et la durée du crédit. Elle répond à une logique implacable: plus la banque prend de risques et plus son montant est élevé ", explique-t-on au Crédit foncier. " Ainsi, un emprunt inférieur à huit ans, souscrit par un client ayant entre 60 et 65 ans, est affecté d'une prime annuelle de 1,28 %. Si le souscripteur a entre 76 et 80 ans, elle passe à 5, 11 %. " Chaque établissement détermine ses propres tarifs (voir notre tableau). Et, dans ce domaine comme dans d'autres, il ne faut pas hésiter à faire jouer la concurrence. D'autant que depuis peu certaines banques proposent des tarifs attractifs pour les jeunes retraités. Ainsi, le Crédit agricole d'lle-de-France ne perçoit pas de prime particulière lorsque l'échéance du crédit intervient avant 70 ans. Celle-ci est normalisée au taux de 0,409 % du montant du prêt. Soit un barème identique à celui consenti aux moins de 60 ans ! Quoi qu'il en soit, pour comparer les propositions des banques entre elles, il est préférable de connaître le taux effectif global (TEG). Il comprend le taux du crédit, -les frais de dossier et le montant de la caution d'assurance décès.

CE QUE PROPOSENT LES BANQUES...

Pour vous y retrouver, sachez qu'il existe deux façons de calculer la prime d'assurance décès. Dans certains établissements (UCB, La Henin, Société générale ... ), elle correspond à un montant en Euros pour 10 000 F empruntés. Ainsi, pour un crédit

contracté entre 60 et 70 ans, la Henin vous facturera une prime de 5 F par 10 000 F empruntés. Soit un surcoût de 6 000 F par an pour un prêt de 1 000 000 F sur 15 ans. Dans d'autres banques, la prime correspond à un pourcentage du capital restant dû. C'est notamment le cas à la BNP où la caution s'élève à 0,54 % du capital restant dû. Soit un surcoût de 41 251 F pour 1 000 000 F empruntés sur 15 ans. Reste une question : quelle formule choisir ?

FAIRE LE BON CHOIX

A première vue, les pourcentages prélevés sur le capital restant dû semblent plus élevés. Mais au final, l'opération peut s'avérer intéressante puisque la base de calcul (le capital restant dû) va en décroissant. Autre avantage du système : il tient compte du changement de vie induit par la cessation de votre activité professionnelle. De fait, il vaut mieux payer

des mensualité lourdes entre 60 et 65 ans et les réduire ensuite. Mais quelle que soit votre décision, soyez, attentif aux tarifs pratiqués par les banques. Les écarts sont à la fois considérable. A titre indicatif, nous avons constaté, sur un panel de neuf organismes de crédit, que le montant des primes annuelles calculées sur le capital dû varie de 0,276 à 3,9%. Reste un problème : que faire si la compagnie d'assurance affiliée à votre banque rejette votre dossier ?

DES ASSURANCES A LA CARTE

Première solution : contracter une assurance individuelle auprès d'un autre organisme. Mais ne vous faites pas trop d'illusions. Cette demande déconcerte souvent les assureurs. Quant aux banques, elles sont souvent réticentes à l'accepter car elles ne peuvent plus prélever directement la prime d'assurance en même temps que la mensualité du crédit. Deuxième possibilité : offrir une garantie financière qui rassurera votre établissement prêteur.

Ainsi, vous pouvez léguer une partie de votre épargne, par exemple une assurance vie.

A condition que celle-ci soit composée de liquidités et non pas d'actions ou d'obligations. D'autre part, si vous êtes déjà propriétaire d'un logement, la banque pourra minimiser les risques en hypothéquant ce premier bien. Enfin, dernière hypothèse : la caution. Il s'agit de demander à une tierce personne de garantir l'emprunt à votre place. Mais elle devra elle aussi souscrire une assurance-décès. Et, bien sûr, être en mesure d'assumer les remboursements.

AGE LIMITE : 89 ANS ! UNE ADRESSE A RETENIR

Connaissez-vous Acarat, l'Association du cercle des assureurs risques aggravés et techniques ? Cette compagnie accepte presque tous les dossiers des exclus de l'assurance traditionnelle, comme les personnes présentant des problèmes de santé et/ou un âge avancé. Vous pouvez, en outre, souscrire une assurance-décès jusqu'à 89 ans. La limite de couverture étant fixée à 90 ans. Et côté prix, la prime d'assurance décès pour garantir un prêt de 50 000 F sur 24 mois est de 1 740 F pour un emprunteur de 64 ans. Elle s'élève à 5 003 F pour une personne e 79 ans, sans graves problèmes médicaux. Sachez qu'il vous sera réclamé 200 F de frais de dossier. Acarat : Le Liourat 111, 36, avenue Denis-Padovani, BP 82, 13743 Vitrolles Cedex. Tél. 04 42 89 52 34.

BP 47 – 13580 La Fare les Oliviers Cedex – Tél : 04 90 45 45 70

SAVEZ-VOUS LIRE UN CONTRAT D'ASSURANCE DECES

Avant de souscrire un prêt, mieux vaut bien comprendre les termes de votre contrat d'assurance décès. Explication :

Témoignage

Souscrire un prêt immobilier à l'âge de la retraite, c'est facile ! La preuve : à 63 ans, Eliane A. a emprunté 350 000 F sur 7 ans à un taux de 6 % pour acquérir sa résidence principale. Elle nous fait part de son expérience.

 

Immoneuf : Quelles difficultés avez-vous rencontrées pour emprunter ?

Eliane A. : Je n'ai eu aucun problème. D'ailleurs, j'ai trouvé qu'il était plus simple de prendre un crédit à 63 ans qu'à 50 ans ! En effet, lorsque j'ai emprunté il y a quelques années, la banque m'avait demandé des garanties. Aujourd'hui mes retraites de l'éducation nationale m'assurent des revenus réguliers et la banque m'a fait confiance. Elle ne m'a demandé ni caution, ni hypothèque. Elle s'est contentée de me faire souscrire une assurance décès-invalidité dans le cadre d'un contrat de groupe jusqu'à 70 ans. Comme je n'ai pas de problèmes de santé particuliers, mon dossier a été bouclé en moins d'un mois.

Immoneuf : Avez-vous cherché à faire jouer la concurrence ?

Eliane A. : Non, absolument pas. Je suis cliente à la BICS depuis plus de vingt ans et j'ai confiance en ma banque.

Bien sûr, j'aurais certainement pu trouver des taux d'intérêts plus bas dans d'autres établissements prêteurs. Mais comme ils ne me connaissent pas, ils m'auraient demandé des garanties.

Immoneuf : Quels conseils donneriez-vous à un emprunteur de plus de 60 ans ?

Eliane A. : je lui dirais de prendre son temps. Et puis, je crois qu'il faut être bien conseillé. Avant de me décider j'ai rencontré plusieurs fois ma responsable financière. Ensemble, on a fait le point sur mon capital. Elle a également réalisé des simulations de crédit. Ça m'a permis d'envisager l'avenir de façon sereine.

L'AVIS DE L'EXPERT

A La Hénin, on ne néglige pas les seniors. Cette banque prête jusqu'à 70 ans dans le cadre d'un contrat de groupe et au-delà avec une assurance particulière. Claude Cazes, responsable du service des procédures, explique à quelles conditions.

Immoneuf : Est-il plus facile d'emprunter aujourd'hui après 60 ans ?

Claude Cazes : Oui, c'est plus simple. D'autant que les contrats d'assurance standard sont mieux adaptés. Il y a dix ans, ils s'arrêtaient à 65 ans. Aujourd'hui, ils vont jusqu'à 70 ans dans le cadre d'un contrat de groupe et jusqu'à 75 ans avec une assurance particulière. Depuis juillet 1997, nous proposons le contrat Maxium de la CNR Il permet d'emprunter jusqu'à 85 ans avec une prime allant de 7,50 à 50 F pour 10 000 F empruntés selon l'âge et l'état de santé du souscripteur.

Immoneuf : Dans quel but les seniors empruntent-ils?

Claude Cazes : Les plus de 60 ans représentent environ 5,5 % de nos clients. La grande majorité d'entre eux (62 %) achète une résidence principale. D'autres (26 %) empruntent pour réaliser un investissement locatif et profiter des dispositifs d'amortissement fiscal comme I'amortissement Périssol. Enfin, quelques-uns (8 %) acquièrent une résidence secondaire.

Immoneuf : Quels conseils donneriez,vous à un emprunteur de plus de 60 ans ?

Claude Cazes : je lui dirais de bien analyser l'objet de son acquisition et, dans la mesure du possible, de ne pas emprunter au-delà de 75 ans. Ensuite je lui donnerais les mêmes conseils qu'à un emprunteur plus jeune. Il faut penser à la revente, interroger plusieurs banques et ne pas hésiter à s'adresser à des établissements spécialisés.

Tiphaine Artigou




Retour au sommaire...   De Particulier à Particulier – N° 24 – Février 1998

DES ASSURANCES POUR TOUS !

Votre santé est fragile ? Vous avez plus de soixante ans ? Votre métier est catalogué comme dangereux ? Si vous souhaitez emprunter, vous avez de fortes probabilités d'entrer dans la catégorie des rejetés de l'assurance.

Chance : c'est précisément dans ce créneau que l'association Acarat s'est spécialisée. Elle propose un contrat d'assurance décès ou décès-invalidité absolue ou définitive. Le candidat doit constituer un dossier très précis, qui est ensuite passé au crible par des médecins de l'association. Puis, en collaboration avec deux compagnies d'assurances. les AGF et Cardif, elle donne ou non son accord. En cinq jours seulement ! Seuls 4 % environ des dossiers sont refusés. Si la réponse est positive, l'Acarat se porte caution auprès des banques sollicitées par l'emprunteur. Les frais sont de 200 F quelle que soit la réponse de l'association, tandis que les primes sont fixées au cas par cas. Risque oblige, elles sont plus chères que des primes classiques.

 



Retour au sommaire...   Nice Matin – 8 Septembre 1997

TOUT SAVOIR

SENIORS/Vos droits

Obtenir un crédit après 60 ans

Au-delà de 60 ans, les banques sont réticentes à satisfaire une demande de crédit. Difficile, mais pas impossible à obtenir. Jusqu'à 70 voire 75 ans, vous pouvez faire une demande de crédit à votre banque sans vous voir opposer un refus catégorique. Dans tous les cas, on étudiera très sérieusement votre demande.

Les personnes qui ont plus de 60 ans aujourd'hui, ont de fait plus d'atouts qu'autrefois, et les banques ne s'y trompent pas. Leur espérance de vie s'allonge chaque année un peu plus, leur niveau de vie, bien que moyen, est généralement alimenté par une pension de retraite régulière, elles ne sont pas menacées de périodes de chômage, et leurs charges familiales sont en principe plus réduites. Dernier atout, et non des moindres: les seniors ont la réputation de payer régulièrement ce qu'ils doivent, jusqu'au dernier centime.

ASSURANCE QUASI OBLIGÉE

La condition essentielle de l'engagement financier d'une banque auprès des personnes de plus de 60 ans, c'est la souscription d'une assurance décès, presque toujours obligatoire après cet âge, même pour un crédit à la consommation. Les contrats prévoient le plus souvent d'assurer en même temps l'invalidité et l'incapacité. Ces garanties sont rarement dissociables.

Certaines banques vous préviennent clairement: pas d'assurance décès, pas de crédit. De toute manière, si vous empruntez une grosse somme, vous avez intérêt à en souscrire une. Dans ce cas, l'assureur reprend les remboursements à sa charge: vos héritiers n'en subiront pas les conséquences.

A ce propos, lisez bien l'offre de crédit, et le contrat d'assurance décès, car l'âge limite de souscription de l'un ou de l'autre ne correspond pas toujours à l'âge limite de remboursement ou de couverture. Certaines banques vous feront des offres plus limitées dans le temps, donc moins avantageuses, et certains assureurs refuseront de vous couvrir passé un certain âge.

EN CAS DE REFUS

Si votre banque vous refuse un crédit compte tenu de votre âge, n'hésitez pas à vous renseigner sur les conditions proposées ailleurs. Certaines banques accordent des crédits à la consommation sans limite d'âge.

Essayez aussi d'apporter de bonnes garanties financières, qui amènent souvent les banques à faire une entorse à la limite d'âge: une caution sérieuse, un nantissement, par exemple, par lequel vous garantirez votre emprunt avec un autre bien que vous possédez.

Si, par ailleurs, c'est l'assureur qui refuse de prendre en charge votre assurance décès, rien ne vous empêche d'en démarcher d'autres. Un contrat d'assurance décès est proposé par la banque, mais rien ne vous interdit d'avoir recours à une compagnie indépendante; certaines sont, en effet, spécialisées dans la couverture de risques plus graves.

Sachez, enfin, que le taux d'intérêt d'un crédit dépend davantage des taux en vigueur et de votre bonne situation financière que de votre âge. Plus vous serez solvable, stable et rigoureux, meilleurs seront les taux qu'on vous proposera.

La différence de prix réside surtout dans la prime d'assurance décès à payer en plus: de 0,5 à 4 % du montant du prêt. A noter que le montant de cette prime doit apparaître clairement dans la somme à payer chaque mois, afin que vous puissiez comparer des propositions concurrentes.

Renseignements: sur les crédits, CSV (Confédération syndicale du cadre de vie), 15, place d'Aligre, 75012 Paris (tél. 01.53.17.17.17, de 9 heures à 11 h 30, les mardi, jeudi et vendredi) ;

- Sur les assurances décès, CDIA (Centre de documentation et d'information de l'assurance), 2, rue de la Chaussée-d'Antin, 75009 Paris (tél. 01.42.47.94.00);

BP 47 – 13580 La Fare les Oliviers – Cedex (tél. 04 90 45 45 70)

 



Retour au sommaire...   La Montagne - 1er Août 1997

TOUT SAVOIR

SENIORS/Vos droits

Obtenir un crédit après 60 ans

Au-delà de 60 ans, les banques sont réticentes à satisfaire une demande de crédit. Difficile, mais pas impossible à obtenir. Jusqu'à 70 voire 75 ans, vous pouvez faire une demande de crédit à votre banque sans vous voir opposer un refus catégorique. Dans tous les cas, on étudiera très sérieusement votre demande.

Les personnes qui ont plus de 60 ans aujourd'hui, ont de fait plus d'atouts qu'autrefois, et les banques ne s'y trompent pas. Leur espérance de vie s'allonge chaque année un peu plus, leur niveau de vie, bien que moyen, est généralement alimenté par une pension de retraite régulière, efles ne sont pas menacées de périodes de chômage, et leurs charges familiales sont en principe plus réduites. Dernier atout, et non des moindres: les seniors ont la réputation de payer régulièrement ce qu'ils doivent, jusqu'au dernier centime.

ASSURANCE QUASI OBLIGÉE

La condition essentielle de l'engagement financier d'une banque auprès des personnes de plus de 60 ans, c'est la souscription d'une assurance décès, presque toujours obligatoire après cet âge, même pour un crédit à la consommation. Les contrats prévoient le plus souvent d'assurer en même temps l'invalidité et l'incapacité. Ces garanties sont rarement dissociables.

Certaines banques vous préviennent clairement: pas d'assurance décès, pas de crédit. De toute manière, si vous empruntez une grosse somme, vous avez intérêt à en souscrire une. Dans ce cas, l'assureur reprend les remboursements à sa charge: vos héritiers n'en subiront pas les conséquences.

A ce propos, lisez bien l'offre de crédit, et le contrat d'assurance décès, car l'âge limite de souscription de l'un ou de l'autre ne correspond pas toujours à l'âge limite de remboursement ou de couverture. Certaines banques vous feront des offres plus limitées dans le temps, donc moins avantageuses, et certains assureurs refuseront de vous couvrir passé un certain âge.

EN CAS DE REFUS

Si votre banque vous refuse un crédit compte tenu de votre âge, n'hésitez pas à vous renseigner sur les conditions proposées ailleurs. Certaines banques accordent des crédits à la consommation sans limite d'âge.

Essayez aussi d'apporter de bonnes garanties financières, qui amènent souvent les banques à faire une entorse à la limite d'âge: une caution sérieuse, un nantissement, par exemple, par lequel vous garantirez votre emprunt avec un autre bien que vous possédez.

 

Si, par ailleurs, c'est l'assureur qui refuse de prendre en charge votre assurance décès, rien ne vous empêche d'en démarcher d'autres. Un contrat d'assurance décès est proposé par la banque, mais rien ne vous interdit d'avoir recours à une compagnie indépendante; certaines sont, en effet, spécialisées dans la couverture de risques plus graves.

Sachez, enfin, que le taux d'intérêt d'un crédit dépend davantage des taux en vigueur et de votre bonne situation financière que de votre âge. Plus vous serez solvable, stable et rigoureux, meilleurs seront les taux qu'on vous proposera.

La différence de prix réside surtout dans la prime d'assurance décès à payer en plus: de 0,5 à 4 % du montant du prêt. A noter que le montant de cette prime doit apparaître clairement dans la somme à payer chaque mois, afin que vous puissiez comparer des propositions concurrentes.

Renseignements: sur les crédits, CSV (Confédération syndicale du cadre de vie), 15, place d'Aligre, 75012 Paris (tél. 01.53.17.17.17, de 9 heures à 11 h 30, les mardi, jeudi et vendredi) ;

- Sur les assurances décès, CDIA (Centre de documentation et d'information de l'assurance), 2, rue de la Chaussée-d'Antin, 75009 Paris (tél. 01.42.47.94.00);

BP 47 – 13580 La Fare les Oliviers – Cedex (tél. 04 90 45 45 70)




Retour au sommaire...   Hémochromatose, Mai - Juin 97 Bulletin N° 036

DIVERS

REUNION ENTRE ACARAT ET LES REPRESENTANTS DU MINISTERE DU LOGEMENT.

ACARAT est une association spécialisée dans l'étude des dossiers d'assurance concernant les personnes ayant rencontré des problèmes de santé et pour lesquelles des difficultés se posent lorsqu'elles veulent souscrire un contrat, notamment lors de demande de crédit.

ACARAT est en mesure d'étudier un dossier et de rendre sa réponse dans les cinq jours qui suivent, pour autant que le dossier soit complet. Des frais d'étude de 200 francs sont perçus par ACARAT pour chaque cas soumis.

Si le dossier est accepté, le contrat peut être souscrit auprès de plusieurs assurances avec lesquels ACARAT a passé des accords particuliers.

Il faut enfin noter, que par ACARAT, nous avons été associés à une opération réunissant un grand nombre d'autres associations importantes. L'Union Nationale des Constructeurs de Maisons Individuelles, le Ministère du logement et de l'équipement, la Fédération Nationale des Agents Immobiliers vont imprimer à plusieurs milliers d'exemplaires une plaquette d'information. Le thème sera : santé et prêts immobiliers et la diffusion devrait se faire d'ici la fin de l'année.

ACARAT met à notre disposition son serveur minitel. Le 3615 ACARAT permet la constitution

automatique des dossiers.




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Vivre n° 291 / Juin 1996

Assurance :

un spécialiste des risques aggravés

Assurance : un spécialiste des risques aggravés. Parce qu'il n'est pas toujours facile de souscrire à une assurance lorsqu'on a été, un jour, atteint d'un cancer, même si tout traitement est terminé, l'Association du cercle des assureurs de risques aggravés (Acarat) propose des solutions spécifiques. Elle souscrit, pour les anciens malades (un recul de six mois après le traitement est demandé), des contrats d'assurance décès auprès des grandes compagnies. Le risque décès est couvert, quelle qu'en soit la cause (maladie ou accident) et, dans certains cas, le risque d'invalidité aussi. Chaque dossier, dont les frais d'étude s'élèvent à 200 francs, est établi sur mesure. La réponse d'Acarat est donnée entre trois et cinq jours après le dépôt de la demande. Connaissant décidément bien les difficultés rencontrées par les anciens malades, Acarat pourrait très prochainement étudier une solution allant au-delà de sa mission pour ceux auxquels elle ne peut répondre par l'assurance. L'association se mettrait alors à la recherche d'une caution susceptible de remplacer celle-ci.

"Bien sûr, nous n'avons pas réponse à tout, précise Serge Soriano d'Acarat, mais nous allons plus loin que le plupart des autres assurances dans le domaine des risques hors cadre."

Plus loin, en effet, puisque Acarat propose aussi une formule d'assistance originale. Proposée aux malades qui voyagent, elle leur permet de bénéficier de toutes les garanties habituelles d'une assistance personnelle lors de leurs déplacements à l'étranger sans distinction de zones. Avantage proposé en plus : l’accès par téléphone à un médecin 24 heures sur 24. Souscrite sur une base annuelle, elle coûte entre 70 francs et 90 francs par mois.

M. 0.

Acarat propose notamment une formule d'assistance personnelle pour les déplacements à l'étranger avec accès téléphonique à un médecin 24 h sur 24.

 



Retour au sommaire...   LE PROGRES – Vendredi 7 juin 1996

Les " parias " de l’assurance

Ils sont diabétiques, cardiaques ou tout simplement

" récidivistes " de l'accrochage automobile,

mais pas responsables. Ils ont du mal à trouver un assureur

et paient des surprimes : de plus en plus, compagnies

et mutuelles affinent et personnalisent leurs contrats...

jusqu'à pénaliser les fumeurs

Monsieur a eu chaud: il a enfin trouvé une compagnie d'assurances pour couvrir son prêt immobilier. Mais il a fallu qu'il s'accroche. Cet habitant de la région lyonnaise n'est pas en très bonne santé. Des analyses de sang ayant révélé une vitesse de sédimentation trop rapide "susceptible de masquer un cancer", son assureur avait refusé son dossier. Il est allé voir une autre compagnie qui l’a provisoirement assuré, puis a reculé, et après avoir entendu les médecins traitants, pris l'avis de son médecin conseil, a fini par dire "oui ".

Monsieur D. n'est pas Ie seul "paria" des assurances. L'un de ces cas a risque fuis comme la peste par des compagnies de plus en plus prudentes. D'autres avant lui ont subi des refus ou des exclusions, mais plus souvent, ont dû mettre la main au portefeuille et payer des surprimes.

Qui sont ces mauvais élèves ? Les plus nombreux de la classe se comptent sur les bancs des sinistrés à répétition. Deux accidents de voiture, dont ils ne sont pas forcément responsables, et hop, les voilà débarqués de leur assurance automobile. "Les compagnies considèrent que quelqu'un qui est impliqué plusieurs fois dans un accident, même s'il n'y est pour rien, manque d'attention, n'a pas pu les éviter et qu'il est donc un risque potentiel" souligne Dora Ménard ; conseillère à l'Union fédérale des consommateurs du Rhône.

Ces exclus ont un recours: le Bureau central de tarification qui contraindra l'assureur à couvrir au minimum leur responsabilité civile. "Mais le tarif appliqué reste au bon vouloir de la compagnie et parfois, il atteint des sommets" déplore le club consommateurs de l'Union féminine civique et sociale (voir encadré).

ASSURÉ TYPE EN BONNE SANTE

En revanche, pour les sinistrés de la santé", il n'existe pas de bureau de tarification. Maladies de cœur diabète, séropositivité, dépression, obésité, voilà quelques maux qui peuvent vous fâcher avec votre assureur. " Les compagnies prennent de moins en moins de risques" constate un professionnel à la retraite.

Exemple classique : l'emprunt immobilier où la banque roule avec une compagnie: "en assurance de groupe, ils ne prennent pas les cas d'exception et ne pratiquent pas la surprime, ils ont un assuré-type dont diabétiques ou cardiaques sont exclus" dit-on à CUFCS.

 

"Les cas d'exclusion sont très rares répond Jean-François Bonnamour, membre de la Chambre syndicale des courtiers d'assurances Rhône-Alpes-Auvergne, "et ils arrivent après un examen minutieux du dossier. Plus le capital est important, plus les examens seront poussés. Mais, dans la plupart des cas. les compagnies appliquent des surprimes".

"En assurance maladie, il y a très peu de rejets de dossiers" confirme le Centre de documentation et d'information de l'assurance, émanation des professionnels, "et en assurance-vie il y a, sur 100 propositions, 95 sont acceptées, quatre font l'objet d'une surprime

et une est rejetée. Et il met en avant la couverture dont, depuis le 1er janvier 1992, peuvent bénéficier les personnes séropositives en cas d'emprunt pour acquérir un logement. Mais la convention, signée par l'Etat et les assureurs, est, pour l'association de lutte contre le sida Act-Up, citée par Le Parisien, "I'alibi parfait pour pratiquer une discrimination envers les personnes vivant avec le virus du sida".

LES RISQUES AGGRAVES DU FUMEUR

Dernier exemple "discriminatoire" Uni-Europe, filiale d'Axa, vient de mettre sur le marché un contrat sur mesure pour non-fumeurs. Ce contrat décès-invalidité, est en réalité, ouvert à tout le monde mais coûte 40 % moins cher aux abstinents de la cigarette. "Cela fait quinze ans que les sociétés américaines proposent cela en France" indique Jean-François Bonnamour, "et c'est tout-à-fait justifié : on encourage les non-fumeurs car toutes nos statistiques prouvent que le fumeur présente des risques aggravée."

Il ne s'agirait pas, selon lui, d'exclure mais au contraire, d'éviter d'en arriver là. "Ce type de contrat va se multiplier: plus on sera précis, plus on apportera un traitement approprié". Ou pour résumer plus crûment, selon ce retraité de l'assurance: "Les compagnies ou les mutuelles ne sont ni des oeuvres philanthropiques, ni des services publics et il est normal que ceux qui conduisent comme des fous ou prennent volontairement des risques pour leur santé soient pénalisés".

Même ceux qui sont en très grande forme peuvent tâter de la surprime: en tête, les pratiquants de la plongée sous marine, le risque le plus sévère, suivis par les adeptes du delta-plane et du bobsleigh.

" CERTAINS MENTENT " 

Ces "Parias" là n'encombrent guère permanences des associations de consommateurs, surtout confrontées aujourd'hui aux problèmes de fausses déclarations de santé ou de situation. "Pour obtenir des prêts, les gens remplissent trop rapidement les questionnaires, certains mentent parce qu'ils savent que l'on refusera leur dossier et on se trouve au bout du compte, face à des situations catastrophiques, avec des gens sans ressources, obligés de vendre leur maison" déplore-t-on à l'UFCS.

A trop se méfier, les assurances n'auraient-elles pas accentué ce type .de comportements ? "Les banques aussi sont responsables : elles doivent inciter le consommateur à dire la vérité, ce que nous leur recommandons toujours" soulignent les associations, peu favorables aux assurances chômage, "souvent des escroqueries, très coûteuses, très limitées". La parade ? "Bien lire le contrat, repérer les clauses, se faire conseiller", dit WFCS. "Et opter pour le courtier, qui défend d'abord le consommateur et peut lui faire du sur mesure" ajoute la Chambre syndicale.

 

Que les particuliers se rassurent : même les entreprises sont victimes de l'exclusion. "On trouve peu de compagnies pour vouloir assurer les dommages ouvrage dans certaines PME du bâtiment qui, pour tenir des prix cassés, ne peuvent pas apporter toutes les garanties" explique un professionnel. Pire : même les courtiers qui se lancent ont du mal à trouver des compagnies pour les assurer,

ELISABETH CHAMBARD

A qui s'adresser

Le guide de l'assuré recalé ou surtaxé

- Pour l'assurance automobile, si votre assureur a décidé de résilier votre contrat ou refuse de vous assurer, sachez que l'assurance responsabilité civile étant obligatoire, vous devez vous tourner vers le Bureau central de tarification. Ce Bureau, (installé tour Gallie. ni 11, 36, avenue du Général de Gaulle, 93170 Bagnolet, tél. 16.1.49.93.65.80) fixera le montant de la cotisation et celui de la franchise correspondant à la demande d'assurance. Pour cela, il se réfère au tarif de la société d'assurance choisie et lui impose sa décision. Mais l'addition est souvent lourde...

- Si vous êtes diabétique, vous pouvez bénéficier d'un contrat particulier, négocié entre l'UAP et l'Association française des diabétiques, té 16.1.40.09.24.25.

- Si vous êtes séropositif, il existe une convention, applicable depuis janvier 1992, qui permet d'être assuré en cas de décès lors de l'emprunt pour acquérir un logement. Depuis fin 1993, la champ de la convention a été étendu à l'acquisition de locaux et de matériels professionnels. Pour obtenir tous renseignements sur les modalités d'assura n ce, appeler le numéro vert 05.41.02.47.

- Pour les autres cas, prendre contact avec l'Association du cercle des assureurs, l'Acarat, qui permet à ceux qui ne parviennent pas à trouver un assureur de souscrire des garanties : après étude, très peu de dossiers (4 à 5 %) sont rejetée. Acarat, BP 82, 13743 Vitrolles Cédex, tél. 42.89.52.34.

- On peut également s'adresser à la Ligue des droits de l'assuré, 1 rue des Emangeards, BP 204, 61306 L'Aigle Cédex, tél. 33.24.30.50.

- Le Contre de documentation de l'assurance, organisme créé par la Fédération française des assurances, fournit tout renseignement, gratuitement. On peut contacter le CDIA par Minitel, 3614, CDIA.

- Plusieurs associations régionales se préoccupent des consommateurs : l'Union féminine civique et sociale tient des permanences "assurances" tous les jeudi de 15 à 16 heures, 11, rue, Auguste Lacroix, 69003 Lyon. L'Union fédérale des consommateurs du Rhône - Que Choisir tient des permanences les après-midi, de 14 à 17 H 30, 12 bis rue Sébastien Gryphe, 69007 Lyon. Autres associations qui " oeuvrent " sur le terrain de l'assurance: Activités et motivations des consommateurs, 21, rue d'Aubigny 69003 Lyon et Nouveaux consommateurs du Rhône, 33 A, rue Montgolfier à Villeurbanne.

- Pour joindre des professionnels de la région, s'adresser à la Chambre syndicale des courtiers d'assurance Rhône. Alpes-Auvergne, 60, avenue Jean Mermoz, 69384, Lyon cédex 08, tél. 78.77.07.01.




Retour au sommaire...   Le Provençal – 6 Mai 1996

Assurances : le parcours du combattant

Les assureurs contribuent à compliquer la vie des malades guéris. Non qu'ils refusent d'assurer leurs biens, bien sûr. Mais, au moment de les garantir contre le risque décès, voici que les assureurs ne sont plus sûrs de rien et surtout pas de l'état de guérison qui, naturellement, ne se décrète pas...

Certes, le fameux questionnaire de santé est devenu un questionnaire d'analyse de risque. Dès lors qu'on y déclare des antécédents médicaux sérieux, il n'y a plus de relation qu'entre le médecin de l'assuré et celui de la compagnie, tous deux étant soumis au secret médical.

L'assureur ne connaît pas les maladies dont le client peut avoir souffert, dit Jean Baptiste Crocombette, de la compagnie Axa. Il faut répondre avec franchise au questionnaire. Il n'y aura pas de surprime si l'on fait état d'une maladie, même grave, survenue pendant l'enfance, au moment de contracter une assurance décès vingt-cinq ans plus tard: le temps écoulé témoigne de la réalité durable de la guérison. "

Mais une déclaration incomplète ou mensongère entraîne la nullité du contrat.

Surprimes: jusqu'à 7% du capital !

En présence d'un assuré "atypique", l'assureur pourra l'accepter comme un autre, demander une surprime correspondant à un risque jugé plus important (jusqu'à un risque de mortalité quatre fois plus élevé que la -normale), voire exclure des garanties la maladie dont a été, atteint l'assuré. Les surprimes peuvent aller jusqu'à 7 % du capital en cas de risque aggravé !

Le gros problème de l'assurance concerne les polices collectives des banques pour leurs crédits. Et voici les banquiers accusés de contribuer l'exclusion des anciens malades.

Témoignage de Monique Badano : " Avant d'être atteinte d'un cancer, j'avais souscrit un prêt. L'assurance a pris le relais quand j'ai été reconnue invalide. Puis un médecin expert m'a déclarée apte à travailler donc à payer mon crédit, alors que pour la médecine du travail je suis toujours inapte ! Depuis, j'ai voulu contracter un autre crédit. Là, on a refusé de m'assurer... "

On comprend, que les malades comme les anciens malades parlent, de parcours combattant quand il leur faut après avoir essuyé un refus trouver une assurance personnalisée pour bénéficier d'un prêt bancaire.

Représentant le Centre de documentation et d'information de l'assurance, Serge-Dominique Castellan rappelle la bataille juridique qui oppose la Commission informatique et liberté à la Caisse nationale de prévoyance qui a carrément (et impunément) dressé un fichier nominatif des risques aggravés !

Certains courtiers acceptent pourtant de couvrir les risques aggravés. C'est notamment le cas de Acarat, à Vitrolles.

Il s'agit que "l'inégalité de chance" devant la mortalité, qui vient gripper une mécanique de l'assurance conçue sur le principe de la mutualisation du risque, ne devienne pas un facteur d'exclusion.

Sans doute faudrait-il verser un peu d'huile solidarité" sur ce mécanisme si l'on voulait supprimer la contradiction d'une société prête à payer très cher les soins, et la guérison de ses membres, mais leur faisant ensuite traîner comme un boulet ce passé médical...




Retour au sommaire...   Aujourd’hui – N° 16083 – 21 Mai 1996

Même guéri, le cancer fait peur

Geneviève, opérée d’un cancer du sein en 1989 mais considérée comme guérie, s’est battue perdant cinq mois pour obtenir un crédit immobilier de 90 000 F. " La Caisse d’Epargne, était d’accord pour m’accorder le prêt mais assorti d'une grosse surprime de la part de la Caisse Nationale de Prévoyance. J’ai trouvé cela trop cher et je suis allée voir ailleurs. Chez Zurich Assurances on m’a rejetée. Malgré plusieurs lettres favorables qui soulignaient que j’étais guérie,

April ma rejeté à son tour. Puis il a fallu recommencer les dossiers parce que je sollicitais en même temps un Prêt sur le 1 % patronal de 70 000 F. Je passais mon temps chez les médecins pour faire de nouveaux papiers, même eux commençaient à en avoir marre... En désespoir de cause j'ai appelé Allô Cancer qui m’a orientée sur ACARAT. et là ils m’ont assuré tout de suite.

Le recours des exclus

Si vous ne trouvez pas assureur à votre pied, inutile de tricher : il pourrait vous en coûter cher en cas de pépin. Le contrat serait automatiquement invalidé. Mieux vaut s’adresser aux professionnels du recours.

Les diabétiques peuvent bénéficier d’un contrat spécifique négocié entre l’UAP et l’Association Française des diabétiques (AFD).

Dans tous les autres cas, il existe une structure unique en France, l’Acarat (Association du Cercle des Assureurs des Risques Aggravés et Techniques) qui permet à la plupart des " exclus de l’assurance " de souscrire des garanties.

Tous les dossiers sont les bienvenus et les frais s’élèvent à 200 F. Après étude, seuls 4% à 5% sont rejetés. Cette structure travaille avec de nombreuses associations d’aide aux malades (Ligue nationale contre le cancer, Transhépat, Cardiogreffe, Association des Paralysés de France,…). Un service télématique permettant de saisir directement les dossiers sur minitel va bientôt être ouvert.

P.G.




Retour au sommaire...   NOTRE TEMPS N° 317 – Mai 1996

DOSSIER DU MOIS / CONSOMMATION


Les banques cassent les prix sur le crédit à la consommation. Qui plus

est vous avez désormais droit a un bonus fiscal. Faites jouer la concurrence.

Crédit, les meilleures

formules après 60 ans

Changer d'automobile, équiper votre logement, ou encore apporter une aide à vos enfants... vous avez de grosses dépenses en perspective et, pour les financer, il vous faut obtenir un prêt.

Pendant longtemps, les organismes de crédit refusaient pratiquement toute demande de prêt émanant d'une personne de plus de 60 ans.

Aujourd'hui les choses changent. D'abord parce que l'espérance de vie ne cesse d'augmenter. Ensuite parce que le retraité ne présente pas le risque d'être au chômage, qu'il perçoit un revenu régulier, sa retraite, et constitue une catégorie de population qu’en général, honore scrupuleusement ses engagements. Malheureusement il reste que, passé l'âge de 70 ou 76 ans, il devient plus difficile de souscrire un emprunt. Pourtant il existe des solutions. Mais avant d’étudier à la loupe les meilleures formules, sachez que l'on trouve schématiquement 3 grands types de crédits.

Le prêt affecté, ainsi dénommé car il n'est octroyé que pour l'achat d'un bien déterminé. Avec un prêt personnel, en revanche, pas de contrainte, on a tout loisir d'utiliser la somme empruntée comme l'on veut. Un crédit renouvelable, quant à 1ui consiste à mettre à la disposition de l'emprunteur une somme d'argent permanente qu'il emploie à sa guise et qui se reconstitue au fur et à mesure des remboursements. Notez que, pour toutes ces formes de crédit vous bénéficiez d'une protection renforcée si le prêt est de plus de 3 mois et d'un montant inférieur à 140 000 F.

À signaler : le découvert sur le compte chèque est également une forme de crédit. Nous lui consacrerons un article très prochainement.

 

1 - Les formules pour les seniors

Depuis peu, certaines banques ou organismes de crédit ont adopté une politique favorable aux retraités.

 

Jusqu'à 76 ans

Plusieurs établissements permettent de souscrire un prêt personnel jusqu'à 74 ous76 ans. BNP, Crédit du Nord, Cetelem, Franfinance, Sofinco. De même, tant que l'on n'a pas dépassé cette fourchette d'âge, on peut souscrire assez facilement un crédit affecté ou renouvelable.

Après 76 ans

Le nombre d’organismes enclins à accorder un prêt à la consommation